Luigi Durand de La Penne

Partie V

valiantAvant de partir pour sa mission, il a écrit une lettre à sa femme Valeria et il a demandé à ses supérieurs de la lui remettre au cas où il ne reviendrait pas. Il entrevoit sa petite silhouette dans un grand bureau de l’amirauté, à Gênes. Un officier, l’air grave, lui tend sans mot dire la missive…

Résumé de la partie IV : Luigi Durand de la Penne annonce aux Anglais qu’il y a une bombe sous le «Valiant» très peu de temps avant l’explosion, juste pour permettre à l’équipage d’évacuer le navire…

 

PARTIE V
Avant de partir pour sa mission, il a écrit une lettre à sa femme Valeria et il a demandé à ses supérieurs de la lui remettre au cas où il ne reviendrait pas. Il entrevoit sa petite silhouette dans un grand bureau de l’amirauté, à Gênes. Un officier, l’air grave, lui tend sans mot dire la missive…Dans son livre « 40 exploits incroyables », Pierre Bellemare nous décrit cette scène :

« Pour cela, il referme la porte de sa cabine et commence à se dépouiller de tout ce qu’il a sur lui, c’est-à-dire des accessoires d’un aristocrate italien, officier de marine : le petit carnet de moleskine noire sur lequel il note pêle-mêle ses impressions, un stylo, sa montre-bracelet. Il hésite un instant avant de retirer son alliance. Il prend encore quelques affaires qu’il a déjà dispersées au pied de son lit et place le tout dans un sac imperméable sur l’étiquette duquel on peut lire : « A remettre, après ma mort, à ma femme Mme Valeria de La Penne, à Gênes. »
Puis il s’assoit devant la petite planchette qui lui sert de bureau, prend une feuille de papier blanc et commence à écrire : « Ceci est mon testament. »
Au fur et à mesure qu’il écrit, un sentiment assez inhumain s’empare de Luigi Durand de La Penne : il lui semble qu’il est devenu un étranger et que ce mort dont il est question n’est pas lui.
Brusquement, l’image de Valeria, sa femme, lui provoque un choc… Une émotion violente qui l’oblige à reprendre son souffle.
Il imagine Valeria, assise, dans le grand bureau de l’amirauté, à Gênes, tandis qu’on lui lit ce dernier message. »

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Il reste moins d’une minute. Il fait le compte à rebours des secondes : cinquante, quarante, trente… Une immense explosion retentit dans un autre endroit du port, puis, presque immédiatement après, une seconde ! Le «Queen Elizabeth» et le pétrolier ont sauté. Les deux autres équipes ont réussi leur mission. Lui aussi a réussi la sienne. La seule différence, c’est qu’il va y laisser la vie.

 

Un véritable cataclysme se produit. Projeté contre une paroi, il reste un instant hébété, puis se relève. A sa grande surprise, il est vivant, il n’a même pas une égratignure. C’est alors qu’il constate que non seulement l’explosion l’a épargné mais qu’elle a fait s’ouvrir la porte de sa cellule qui pend sur ses gonds, laissant pénétrer une fumée noire.

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Il n’y a pas une seconde à perdre ! Il se met à courir, monte les escaliers à toute allure, crachant et toussant dans une odeur âcre. Il ne rencontre personne : l’évacuation a bien eu lieu. Sur le pont, il trouve le commandant Morgan, ses officiers et quelques hommes. Le reste de l’équipage a débarqué.

Le commandant s’approche de lui :
— Lieutenant, jurez-moi que vous n’avez posé qu’une seule bombe.
Luigi Durand de la Penne refuse de répondre. Il voit le visage de l’Anglais se crisper et conclure
— C’est bon. Qu’on évacue aussi cet homme !

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A la différence du «Queen Elizabeth» et du pétrolier, «le Valiant» n’a pas coulé. Après avoir été longuement immobilisé pour réparations, il a repris le combat. Grâce à l’initiative de Luigi Durand de la Penne, il n’y a eu aucune victime parmi son équipage.
Lui-même, après avoir passé le reste de la guerre en captivité, rentrera au pays où il sera accueilli en héros et décoré.

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Après la guerre, l’amiral Charles Morgan, ex commandant du Valiant, (second à gauche), remet personnellement la médaille à Luigi Durand de La Penne.

Mais le plus étonnant est l’attitude de l’Angleterre à son égard. S’exprimant à son sujet, Winston Churchill a parlé d’un «exemple extraordinaire de courage et de bienveillance». Et, en 1945, Durand de la Penne a été le seul Italien décoré pour fait de guerre par les Anglais. Il a reçu la médaille d’or de la valeur militaire des mains de Charles Morgan, qui était devenu chef de la flotte de Sa Majesté en Méditerranée.
Luigi Durand de la Penne est mort en 1992. Aujourd’hui encore, un cuirassé de la marine italienne porte son nom.

Source ; Infosoir-www.lapenne.fr-ministére italien des affaires maritimes.

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